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Les propositions des élus de Bourget Passion pour le PDU de Grand Lac

Faute d’avoir pu débattre en conseil municipal ou en réunion publique sur le projet de PDU, nous avons fait un certain nombre de propositions, pour assurer une desserte du Bourget en bus, pour anticiper la saturation de la RN 1504, principale voie d'accès au village, de soutenir le développement du vélo et du VAE, de soutenir un covoiturage pratico-pratique et pas uniquement numérique, de repenser la place du stationnement urbain...

1- Desserte du Bourget du Lac et de Technolac : maintenir la ligne actuelle et revenir à un terminus Bourget plage.

Le projet de PDU prévoit de supprimer l’actuelle ligne de bus Le Bourget / Chambéry et de la remplacer par une ligne de bus vers Viviers du lac ou une future halte ferroviaire à Voglans, puis le TER jusqu’à Chambéry. Autant le renforcement de la ligne périurbaine de Montmélian à Albens avec des liaisons intéressantes de type Montmélian/Technolac via le Viviers a de l’intérêt, autant une desserte Chambéry / Bourget et Technolac via le train nous paraît irréaliste pour 4 raisons, de temps, de rupture de charge et de réseau, de densité et de cadencement.

  • Les déplacements sur la ligne sont loin d’être limités aux seuls déplacements entre la gare de Chambéry / Technolac. Des Bourgetains se rendent aux Landiers, des habitants de Voglans montent à Villarcher, nombre d’étudiants vont à l’Université Jacob, ou à l’hôpital, et il n’est pas imaginable de devoir changer deux fois de mode de transport.
  • Le temps de trajet (30 mn pour un départ de Chambéry centre, 35 minutes pour aller à l’hôpital) serait beaucoup trop allongé par apport à la situation actuelle et non concurrentiel par rapport à la voiture ou à la ligne directe de Belley (19 mn).
  • La desserte Voglans/Technolac risque d’être très difficile via la RD1504 au vu des études réalisées il y a 3 ans en intégrant les développements de Technolac, l’urbanisation de la Croix Verte et du Hameau des Granges.
  • Les bus actuels de Technolac à Chambéry ont un cadencement élevé, 10 mn à l’heure de pointe. Par le train, nous passerons à 20 minutes.

Cette approche ne nous paraît pas réaliste et nous proposons pour la desserte Le Bourget / Chambéry :

  • De revenir à une ligne de bus Chambéry > Technolac > Plage comme avant sans changement à Technolac.
  • De permettre aux Bourgetains de prendre la ligne de Yenne / Belley pour se rendre à Chambéry (19 minutes, cadencement à moins de 20 mn à l’heure de pointe) avec le même ticket de bus ou le même abonnement. Cette mesure devrait pouvoir s’appliquer prochainement.
  • De prévoir une tarification unique entre Chambéry et Aix-les-Bains
  • Et pour cela, comme le propose le PDU, nous demandons un rapprochement des deux autorités organisatrices pour créer un seul réseau de transport de Montmélian à Albens avec un rapprochement des deux versements transport. Mais le président de Grand Lac prompt à proposer un rapprochement quand ça l’arrange pour financer les fuites de son réseau d’eau par exemple, s’y oppose depuis toujours.
  • De prévoir la réalisation d’une voie bus dédiée dans l’extension de Technolac pour éviter au bus de perdre du temps sur la RD1504 avec l’augmentation prévisible du trafic

2- Anticiper la saturation à venir de la RD1504 entre le Bourget et Villarcher

Une étude de trafic réalisée il y a 3 ans par Technolac, en collaboration avec les communes de la Motte et du Bourget, a simulé l’évolution du trafic autour du Bourget avec l’extension de Technolac, la création du hameau des Granges et le développement des logements au Bourget (Orée du Lac, Bocons…). Le résultat est sans appel : les 3 principaux rond-points de Technolac, Terre-Nue et Villarcher vont saturer à court terme. Nous voyons déjà des ralentissements réguliers et des remontées de files à l’heure de pointe.

La plupart des autres communes ont fait inscrire des projets routiers au PDU, rien n’est venu de la commune du Bourget-du-Lac.

Nous proposons donc d’inscrire plusieurs mesures importantes :

  • La réalisation d’une voie dédiée aux bus dans l’extension de Technolac comme mentionné plus haut et une gestion à feux des 3 giratoires avec priorité bus comme à Chambéry pour permettre une meilleure intégration des transports en commun.
  • La réalisation d’un giratoire dans l’entrée nord du Bourget (accès au bord du lac et à la future zone d’habitat de l’Orée du Lac) pour anticiper la saturation prévisible de l’échangeur actuel. A défaut de l’inscrire, il sera à la charge exclusive de la commune.
  • Une réduction de la vitesse à 70 km/h de Villarcher à la sortie nord du Bourget pour assurer une plus grande sécurité mais aussi une meilleure fluidité du trafic (le trafic est plus dense à 70 km/h avec moins d’effet d’accordéon).

3- Développer le Vélo à assistance électrique 

Alors que la municipalité actuelle avait supprimé la prime au VAE, le développement du VAE est mis en avant dans le PDU avec juste raison et il s’agit de l’action qui sur notre territoire présente le meilleur rapport coût / efficacité pour diminuer l’autosolisme. Les ventes de VAE devraient faire +50% en 2017. Il touche prioritairement des transferts voiture > vélo, touche des personnes de plus de 50 ans dont de nombreux actifs, une majorité de femmes et surtout en secteur péri-urbain. Justement ce qu’il nous faut sur Grand Lac. Il présente aussi des impacts de santé public majeurs (réduction de 50% d’accidents cardio-vasculaires, cancers et diabète). Sur la mise en œuvre d’un programme de développement, nous aurons l’occasion d’en débattre en groupe de travail mais plusieurs options ont été proposées :

  • Les essais et la remise en selle : tant que nos habitants n’ont pas essayé un VAE, ils ne savent pas ce que c’est. Nous proposons de mettre en place une vaste campagne d’essais dans toutes les communes. Il est aussi possible de laisser un VAE à l’essai à la mairie pendant plusieurs semaines pour que ceux qui n’ont pas pu venir puissent essayer ou louer une semaine ou deux.
  • La location courte, moyenne et longue durée : après essai, beaucoup ne passent pas encore à l’achat. Ils veulent confirmer que le modèle de vélo qu’ils veulent essayer correspond à leur déplacement. Plutôt que de faire de la location d’un seul modèle, mieux vaut comme à Ecomobilité avoir tous les modèles des vélos vendus localement dans les commerces, renouveler sans cesse pour que les gens puissent essayer tous les modèles présents.
  • Les actions ciblées en entreprises : si prime ou aide il doit y avoir, nous aurions intérêt à les cibler sur les actifs (qui sont ceux qui nous posent le plus de problème de saturation du réseau routier) en les liant aux actions de Plans de Mobilité. L’idée serait de proposer une palette complète de solutions aux entreprises s’engageant dans un Plan de mobilité.
  • Reste à imaginer d’autres solutions pour les non salariés : location non limitée dans le temps ? prime liée au quotient familial ? L’accompagnement à la pratique comme vu plus haut avec des essais voire des séances de remise en selle ciblées sur les personnes âgées, ou les femmes, me paraît une solution plus efficace…

4- Plus d’ambition sur le vélo

Le vélo est bien identifié comme une mesure importante mais l’objectif de 2% de part modale est peu ambitieux surtout au regard de la part des déplacements courts (65% des déplacements font moins de 5 km), de l’arrivée du VAE qui permet de couvrir potentiellement 80% des distances tous modes tous motifs et de l’offre d’aménagements cyclables déjà non négligeable. A tout le moins on peut atteindre la part modale de l’agglo chambérienne à plus de 5%. Un ciblage plus précis des personnes et des motifs (travail, celui qui progresse le plus actuellement, scolaires qui a beaucoup baissé, personnes âgées autour de la thématique du maintien en activité physique), un argumentaire plus étoffé sur ses avantages (bénéfices santé, rapport coût/efficacité des mesures par euro investi par les collectivités). L’importance de l’accompagnement au changement avec l’intervention de l’Agence Ecomobilité, avec le développement d’ateliers associatifs de proximité gagnerait à être mieux mis en avant.

5- A41 et covoiturage dans la traversée de Grand Lac

nous l’avons déjà bien abordé en commission déplacement, le report du trafic de la route du bord du lac vers l’A41 peut permettre de désaturer le réseau routier. AREA accepte de participer à 50% à un abonnement réduit pour encourager le report de trafic vers l’A41 de Grésy à Chambéry. Nous demandons à ce que :

  • Cette opération soit ciblée sur les seuls covoitureurs en proposant une quasi gratuité à l’heure de pointe. Il serait injustifiable que Grand Lac engage de l’argent public et finance des abonnements non ciblés sur les covoitureurs.
  • Dans le réaménagement de l’échangeur de la Motte-Servolex, le projet d’AREA est très peu ambitieux sur le covoiturage. Il y aurait pourtant matière à faire de ce péage, de celui de Grésy et de Chignin un exemple de ce que seront les futurs échangeurs avec des plateformes d’échange des cars régionaux (la fréquence est très élevée avec les lignes d’Aiguebelette, Novalaise, Annecy et St Exupéry et des cars longue distance (Flixbus, Ouigo, Eurolines…), une plateforme de covoiturage courte et longue distance (arrêt blablacar facilité) et des parkings vélo sécurisés avec un très bon accès entre la Motte et Technolac (5km) par l’Avenue Verte.

6- Expérimenter un covoiturage indemnisé sur les hameaux du Bourget

Depuis la quasi disparition de la ligne de bus des hameaux, les habitants n’ont plus de solution de déplacement en journée et même en heure de pointe. Nous demandons de tester sur les hameaux du Bourget, un covoiturage indemnisé. Le principe est simple : des personnes volontaires qui font le déplacement tous les jours à la même heure pour aller au travail, s’engagent à passer à heure fixe et prendre les personnes à l’arrêt comme sur une ligne de bus. Ces personnes ont une habilitation et sont indemnisés (généralement autour de 0,20 à 0,30 €/km contre 3 à 4€/km pour un bus). Pour un coût relativement modeste, il serait possible de rouvrir un service.

7- Place de l’accompagnement au changement de comportement

Globalement, la place des actions d’accompagnement au changement de comportement (mobilité scolaire, mobilité sociale, mobilité achat vers les commerces de centre-ville) avec des actions de marketing individualisé ciblées est insuffisamment mise en avant dans le PDU. L’Agence Ecomobilité de Chambéry qui réalise depuis 15 ans des actions de ce type a commencé à intervenir sur Grand Lac. Ces actions seraient à développer et bien mettre en avant dans le PDU.

8- Sur la question du stationnement

Le sujet est à juste titre identifié comme un élément central mais plutôt que de recréer des capacités publiques en ouvrage très difficiles à financer (une place sur voirie coûte 5 000 € par place, une place en parking souterrain entre 15 et 20 000 €, il serait judicieux d’utiliser à plein les capacités de stationnement privées en habitat collectif sous occupées en journée. Il existe déjà des applications sur le net permettant aux propriétaires ou aux bailleurs de proposer des locations de sa propre place en journée (ex : www.prendsmaplace.fr, www.parkadom.com ). Pas d’investissement public à financer, un complément de revenu pour les habitants, tout le monde est gagnant ; Grand Lac peut avoir un rôle moteur de diffusion de l’idée ou agir comme facilitateur. Par ailleurs, les places publiques sont généralement vides la nuit et une tarification très attractive pour les riverains serait une solution peu onéreuse.

Projetons nous vers un territoire où chacun aurait un choix de mobilité en fonction de ses besoins, dans le respect de notre environnement, du développement personnel et collectif dans le souci du respect de l'économie locale. Ce n'est pas une utopie, c'est une question de planification et de choix.